La cigale, grande virtuose du chant d’amour

Publié le 31 Juillet 2016

La cigale, grande virtuose du chant d’amour

Annonciatrices des beaux jours par excellence, c’est aux heures les plus chaudes des belles journées d’été que les cigales s’en donnent à cœur joie dans une folle symphonie de séduction.

Une longue vie souterraine avant d’atteindre la lumière

Constituant la famille des Cicadidae, les cigales sont des insectes hétérométaboles, dont seule la dernière métamorphose sera complète. Bien qu’on puisse rencontrer une vingtaine d’espèces de cigales dans le sud de la France, la cigale grise, Cicada orni, et la grande cigale commune, Lyristes plebejus, sont les plus répandues. Les œufs des cigales, pondus durant l’été, sont cachés à l’abri des prédateurs dans les profondeurs des branches d’arbres ou des écorces, grâce à la tarière de la femelle, organe de ponte perforant, ressemblant à une aiguille creuse. L’été touchant à sa fin, et l’automne se faisant sentir, les œufs éclosent et les larves glissent vers le sol à l’aide d’un filament avant de s’enfouir sous terre où la cigale passera la majeure partie de vie. Plusieurs mutations successives conduiront la larve à l’état de nymphe, où elle sortira alors de terre. Ces mutations s’étalent sur une période de 10 mois à 17 ans pour Tibicina septendecim, originaire d’Amérique du Nord. La cigale commune passe quant à elle en moyenne 4 années sous terre. Lorsque la température atteint les alentours de 22°C, la nymphe sort de terre et part à la recherche d’un endroit abrité. Elle se fixe alors sur un tronc, une tige ou une herbe et entame sa dernière mue nommée « mue imaginale » en s’extrayant de l’exuvie, qui s’ouvre sur le dos. La cigale est alors verte. Quelques heures à se dorer au soleil et sa couleur passe au brun. Elle est fin prête pour son dernier été...

La cigale se nourrit exclusivement de sève, sous forme larvaire ou adulte. Son rostre l’aidera dans cette tâche, longue trompe rigide qu’elle plante dans les végétaux, n’occasionnant cependant aucun dégât sur ces derniers. Elle a de nombreux prédateurs comme les sauterelles, les mantes religieuses ou les fourmis dont elle se dissimule par un mimétisme presque parfait, basé sur l’homochromie (couleur ressemblant à l’environnement proche) et l’homomorphie (forme similaire à l’environnement). Tout irait pour le mieux si la cigale n’avait pas que quelques semaines pour se reproduire et qu'elle révèle donc sa présence… par son chant !

Le chant des cigales, ou la cymbalisation

Dès que la température atteint environ 25°C, la cigale mâle se met à chanter afin d’attirer les femelles. On parle de cymbalisation et non de stridulement, à la différence du chant du criquet. En effet, le son émis par la cigale mâle ne résulte pas du frottement de diverses parties de son corps. Des organes dédiés appelés « cymbales », situés dans son abdomen, lui permettent de chanter. Les deux cymbales sont reliées à un muscle très puissant qui peut se contracter jusqu’à plusieurs centaines de fois par seconde. Chaque contraction provoque une déformation de la cymbale qui émet un claquement en reprenant sa position de base. Le bruit est amplifié par l’abdomen vide de la cigale mâle, qui fait office de véritable caisse de résonance, et sort par des éventsLa fréquence ainsi que la modulation du chant sont variables en fonction des espèces de cigales. Pour se faire une idée de la diversité de leurs chants, le site http://www.cicadasong.eu/ est tout indiqué… Certaines d’entre elles peuvent émettre des sons de 150 décibels, plus qu'un orchestre symphonique ! Les cigales détiennent ainsi la palme d’or des insectes les plus bruyants ! Mais lorsque le temps se gâte, que le ciel se couvre et que la température descend en dessous de 22°C environ, il leur devient impossible de chanter, les cymbales perdant de leur souplesse. Souhaitons-leur donc un été chaud et sec, et ainsi une vaste progéniture !

Crédit photo : Estelle Bouquet.

Rédigé par Estelle

Publié dans #Animaux

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