Le jardin d'Éden, ou jardin des délices

Publié le 17 Septembre 2016

Le jardin d'Éden, ou jardin des délices

Parmi les jardins mythiques les plus connus et représentés se trouve le jardin d’Éden, nommé aussi « jardin des délices ou « Paradis terrestre », où auraient vécus Adam et Eve, premier couple de l’humanité.

Le jardin d’Éden, simple représentation symbolique ou véritable jardin perdu ?

Le jardin d’Éden est tellement ancré dans notre culture et semble si abstrait et mystérieux, qu’il paraît vain, voire carrément utopique de chercher à le localiser. Certains diront qu'il s'agit là d'une image symbolique du paradis céleste sur terre, d'un temps où l'homme et la nature vivaient en parfaite harmonie. Nous nous intéresserons plus ici à l'hypothèse d'un emplacement réél, qui est somme toute plus passionnante.

La Genèse offre une piste sur la localisation géographique du jardin des délices, ce qui a mené certains chercheurs à s’y intéresser de plus près. Il est ainsi dit dans la Genèse qu’ « un fleuve sortait d’Eden pour arroser le jardin et de là il se divisait et devenait quatre sources de fleuve. Le nom du premier est Phison ; c'est lui qui entoure tout le pays de l'Havila où il y a de l'or. Et l'or de ce pays est excellent, là il y a aussi le bdellium et de la pierre d'onyx. Le nom du second fleuve est Gihon ; c'est lui qui entoure toute la terre de Cousch. Le nom du troisième fleuve est le Tigre ; c'est lui qui coule à l'Orient d'Assour ; et le quatrième fleuve, c'est l'Euphrate."

Le Tigre et l’Euphrate sont facilement identifiables et sont localisés en Mésopotamie. En 1983, l’archéologue Juris Zarins s’appuie sur les ressources naturelles évoquées dans la Genèse pour localiser les deux autres fleuves. La terre nommée « Havila », évoquée plusieurs fois dans la Bible, est depuis longtemps soupçonnée d’être localisée en plein cœur de l’Arabie Saoudite, dans les montagnes du Hedjaz, abritant d’importantes ressources en or. Ces mines d’or sont aujourd’hui connues sous le nom de « Mahd adh Dhahab », à comprendre littéralement par « Le berceau d’or ». Le bdellium, vraisemblablement résine du balsamier, et l’onyx, sont aussi présents dans cette région. En 1992, le géologue égyptien Farouk El-Baz découvre par hasard le lit d’un fleuve asséché qui devait à l’époque traverser l’Arabie, partant des monts du Hedjaz pour aller en direction du golfe Persique, près de Bassorah. Cet ancien fleuve prenait donc sa source non loin du berceau d’or pour se jeter dans la région du Tigre et de l’Euphrate. Il semblerait donc bien correspondre à Phison, le premier des quatre fleuves évoqués dans la Genèse.

Concernant Gihon, le second fleuve, la candidate favorite semble être la rivière nommée Karkheh. Celle-ci rejoint en effet la plaine au niveau du confluent du Tigre et de l’Euphrate et contourne l’ancien pays dont la capitale était Suse, pouvant être assimilé au pays biblique de Cousch. Selon ces observations géographiques, le jardin d’Éden pourrait donc prendre place au point de convergence de ces quatre cours d’eau, dans une plaine située à l’extrémité du golfe Persique.

Un jardin verdoyant bénéficiant d'un éternel printemps 

Le jardin d’Éden est décrit comme un verger verdoyant où poussent toutes sortes d’arbres d’un bel aspect, aux fruits délicieux, multicolores et parfumés, tout comme les fleurs qui y abondent. Un grand nombre d’animaux pacifiques y séjournent, que l’on retrouve souvent sur les peintures qui l’ont pris pour objet. Le jardin des délices abrite en son centre l’Arbre de la Vie et l’Arbre de la connaissance du Bien et du Mal, dont Adam et Eve mangeront les fruits défendus. Ces fruits sont traditionnellement assimilés à des pommes mais le latin "poma" désignant les fruits en général, ils pourraient bien être d'une autre nature. Le jardin d'Éden est séparé du reste du monde par un mur d'eau ou de feu, garantissant à ce jardin caché une parfait isolement, une protection vis à vis du monde extérieur.

Rédigé par Estelle

Publié dans #Jardins mythiques

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