Le domaine de Maximus,une évocation des jardins à la romaine

Publié le 8 Mars 2017

Le domaine de Maximus,une évocation des jardins à la romaine

"Ma maison est sur les hauteurs qui dominent Trujillo. Un endroit très simple. Des pierres qui chauffent au soleil. Un potager qui sent les aromates la journée, et le jasmin le soir. A l’entrée, il y a un énorme peuplier. Des figues, des pommes, des poires, et la terre, Marc Aurèle, noire, noire comme les cheveux de ma femme. Des vignes sur le coteau sud, des olives au nord. Près de la maison, des chevaux sauvages viennent narguer mon fils : il voudrait être l’un d’eux."

C’est ainsi que Maximus Decimus, héro du film Gladiator, décrit son domaine, malheureusement détruit par la suite tandis que sa famille est massacrée. La ville espagnole de Trujillo est, du temps de l’empire Romain, appelée Turgallium, préfecture de la capitale de Lusitanie, Emerita Augusta. La Lusitanie est alors une province romaine couvrant une grande partie du Portugal et quelques terres espagnoles.

Le tableau dépeint par Maximus évoque un endroit de paix, où l’on peut jouir des plaisirs les plus simples. On pourrait presque sentir à travers sa description les différents effluves libérés par le lourd soleil de Méditerranée. Le film de Ridley Scott prenant quelques libertés historiques, qu’en est-il des véritables jardins sous l’empire Romain ?

L’hortus, ou le jardin à la romaine

Le terme hortus désigne à la fois le jardin potager, le jardin d’agrément et le jardin botanique ou médicinal. Nous nous concentrerons aujourd’hui plus spécifiquement sur le jardin potager romain.

Il se situe habituellement sur la partie arrière de l’habitation, la domus, et au même niveau que celle-ci. On y trouve des plantes herbacées dont on consomme les feuilles, les tiges ou les pousses, des légumineuses, des racines et bulbes ainsi que des plantes aromatiques servant à l’assaisonnement des plats.

Les plantes herbacées cultivées sont par exemple le fenouil, la chicorée, le poireau, le cresson, le chou, l’ortie ou encore le céleri. Dans la famille des légumineuses, nous retrouvons les pois, lentilles, fèves, le lupin, le concombre, le pompon (l’ancêtre du melon) ou la gigérine (ancêtre de la pastèque, autrement appelé citre). Parmi les racines et bulbes, les romains cultivaient l’ail, l’oignon, le raifort, le navet, le panais, le radis ou l’asphodèle. Enfin les plantes aromatiques regroupaient le cumin, la menthe, le basilic, le persil, le romarin, le curcuma ou encore le crocus pour le safran.

En complément du potager, les champs abritaient des cultures non moins importantes et notamment des céréales comme l’orge, le blé, l’épeautre, le millet, le froment ou le seigle, le riz étant rare. De même, de nombreux arbres fruitiers étaient plantés tandis que d’autres fruits ne semblaient pas faire l’objet de culture, et étaient simplement cueillis dans la nature. Nous retrouvions alors des pommiers, poiriers, oliviers, vignes, pêchers, figuiers, palmiers dattiers, cerisiers ou encore néfliers et pistachiers.

Quelles étaient les plantes inconnues des Romains ?

Venues d’un autre continent ou non encore développées par les agronomes, de nombreuses plantes étaient inconnues du peuple Romain. Parmi les plus répandues de nos jours, nos ancêtres Romains n’avaient pas la chance de connaître les pommes de terre, carottes, haricots, courgettes, maïs, tomates, les courges et potirons, tous les agrumes ou encore les framboises. Nombre d’éléments qui constituent aujourd’hui les bases de la cuisine méditerranéenne et dont la culture s’est développée dans nos contrées de manière tardive.

Le jardin évoqué par Maximus peut donc tout à fait correspondre à un hortus, tel qu'il est défini dans la littérature portant sur l'époque à laquelle nous nous intéressons. En effet, en plus des plantes évoquées plus haut, le jasmin dont parle le général romain était utilisé pour faire du parfum tandis que le peuplier servait à la fabrication d'objets tressés.

Rédigé par Estelle

Publié dans #Jardins de cinéma

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