Publié le 28 Mars 2017

Faire ses choux gras

Continuons notre excursion au pays des expressions liées au jardin en nous intéressant aujourd'hui aux origines de la formule "faire ses choux gras".

Dans son sens premier, celle-ci évoque l'idée de faire son régal de quelque chose, d'aimer ou d'apprécier dans une moindre mesure. Dans son sens péjoratif, plus largement répandu, elle signifie "tirer profit de quelque chose", quelquefois au niveau financier. Ce profit obtenu se fait alors au détriment d'une personne ou d'une chose.

L'expression "faire ses choux gras" trouve son origine au cours du XVe siècle, une époque où le chou était un met très répandu constituant bien souvent les repas des classes les plus pauvres. En effet, la viande était alors rare, réservée aux plus riches, et les féculents comme les pommes de terre ou le riz n'étaient pas encore cultivés. Résistant, peu cher, le chou était alors le candidat idéal pour remplir les estomacs... ou presque. Se nourrir de chou bouilli quotidiennement a de quoi en déprimer plus d'un. Afin de le rendre plus appétissant, on l'agrémentait de graisse animale comme le lard lorsqu'on avait la chance d'en avoir sous la main. On rendait donc son chou plus gras, d'où la naissance de l'expression dans son sens premier, de se régaler de quelque chose.

C'est à partir du XVIIe siècle que l'expression glisse vers son sens second, de retirer profit. Le chou engraissé est alors comparé au portefeuille bien fourni de celui qui tire profit de ses affaires.

L'expression "faire ses choux gras" n'évoque aujourdhui pas forcément des gains financiers mais peut porter sur des objets divers et variés, parfois dédaignés par d'autres, ou encore sur des situations. Ainsi l'on peut faire ses choux gras d'un vieux vêtement ou d'un scandale, dans tous les cas on en retire un bénéfice. Une expression bien contraire à la formule "faire chou blanc" qui signifie quand à elle qu'on a rien gagné, voire carrément loupé son coup...

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Rédigé par Estelle

Publié dans #Proverbes et expressions

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Publié le 19 Mars 2017

Un jardin sous mes mots

L'heure n'est point encore venue et pourtant le printemps se fait déjà sentir, éveillant la nature de son long sommeil d'hiver, plein de promesses de douces journées ensoleillées. L'occasion de redécouvrir le monde environnant et de s'attarder sur chaque détail le composant. L'occasion de laisser vagabonder son esprit et de se prêter aux rêves que le froid avait tari. L'occasion de retranscrire par des mots tous ces émerveillements qui sont les nôtres. 

A cette occasion, voici donc un poème mêlant délicatement nature et littérature : 

"Roses, jasmins, iris, lilas, volubilis,
Cerisiers du Japon et jeunes arbousiers,
Colorant le matin de leurs chants printaniers
Adornent mon jardin de vivants ex libris.

Abeilles et frelons s’y disputant les lys,
Piétinent les pistils sans aucune pitié,
Alors que, s’échappant des pages d’un herbier,
Un papillon de nuit dévore un myosotis.

Solitaire et pensif, un arôme somnole
Sous le dais argenté d’un antique olivier,
Dont l’ombre de satin imite l’Acropole.

Dans mon jardin aussi, le soleil a planté
Une pure fontaine, comme un encrier,
Où je plonge ma plume et bois l’éternité."

Francis Etienne Sicard, Un jardin sous mes mots, 2009.

Crédit photo : Estelle Bouquet.

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Rédigé par Estelle

Publié dans #Poèmes

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Publié le 8 Mars 2017

Le domaine de Maximus,une évocation des jardins à la romaine

"Ma maison est sur les hauteurs qui dominent Trujillo. Un endroit très simple. Des pierres qui chauffent au soleil. Un potager qui sent les aromates la journée, et le jasmin le soir. A l’entrée, il y a un énorme peuplier. Des figues, des pommes, des poires, et la terre, Marc Aurèle, noire, noire comme les cheveux de ma femme. Des vignes sur le coteau sud, des olives au nord. Près de la maison, des chevaux sauvages viennent narguer mon fils : il voudrait être l’un d’eux."

C’est ainsi que Maximus Decimus, héro du film Gladiator, décrit son domaine, malheureusement détruit par la suite tandis que sa famille est massacrée. La ville espagnole de Trujillo est, du temps de l’empire Romain, appelée Turgallium, préfecture de la capitale de Lusitanie, Emerita Augusta. La Lusitanie est alors une province romaine couvrant une grande partie du Portugal et quelques terres espagnoles.

Le tableau dépeint par Maximus évoque un endroit de paix, où l’on peut jouir des plaisirs les plus simples. On pourrait presque sentir à travers sa description les différents effluves libérés par le lourd soleil de Méditerranée. Le film de Ridley Scott prenant quelques libertés historiques, qu’en est-il des véritables jardins sous l’empire Romain ?

L’hortus, ou le jardin à la romaine

Le terme hortus désigne à la fois le jardin potager, le jardin d’agrément et le jardin botanique ou médicinal. Nous nous concentrerons aujourd’hui plus spécifiquement sur le jardin potager romain.

Il se situe habituellement sur la partie arrière de l’habitation, la domus, et au même niveau que celle-ci. On y trouve des plantes herbacées dont on consomme les feuilles, les tiges ou les pousses, des légumineuses, des racines et bulbes ainsi que des plantes aromatiques servant à l’assaisonnement des plats.

Les plantes herbacées cultivées sont par exemple le fenouil, la chicorée, le poireau, le cresson, le chou, l’ortie ou encore le céleri. Dans la famille des légumineuses, nous retrouvons les pois, lentilles, fèves, le lupin, le concombre, le pompon (l’ancêtre du melon) ou la gigérine (ancêtre de la pastèque, autrement appelé citre). Parmi les racines et bulbes, les romains cultivaient l’ail, l’oignon, le raifort, le navet, le panais, le radis ou l’asphodèle. Enfin les plantes aromatiques regroupaient le cumin, la menthe, le basilic, le persil, le romarin, le curcuma ou encore le crocus pour le safran.

En complément du potager, les champs abritaient des cultures non moins importantes et notamment des céréales comme l’orge, le blé, l’épeautre, le millet, le froment ou le seigle, le riz étant rare. De même, de nombreux arbres fruitiers étaient plantés tandis que d’autres fruits ne semblaient pas faire l’objet de culture, et étaient simplement cueillis dans la nature. Nous retrouvions alors des pommiers, poiriers, oliviers, vignes, pêchers, figuiers, palmiers dattiers, cerisiers ou encore néfliers et pistachiers.

Quelles étaient les plantes inconnues des Romains ?

Venues d’un autre continent ou non encore développées par les agronomes, de nombreuses plantes étaient inconnues du peuple Romain. Parmi les plus répandues de nos jours, nos ancêtres Romains n’avaient pas la chance de connaître les pommes de terre, carottes, haricots, courgettes, maïs, tomates, les courges et potirons, tous les agrumes ou encore les framboises. Nombre d’éléments qui constituent aujourd’hui les bases de la cuisine méditerranéenne et dont la culture s’est développée dans nos contrées de manière tardive.

Le jardin évoqué par Maximus peut donc tout à fait correspondre à un hortus, tel qu'il est défini dans la littérature portant sur l'époque à laquelle nous nous intéressons. En effet, en plus des plantes évoquées plus haut, le jasmin dont parle le général romain était utilisé pour faire du parfum tandis que le peuplier servait à la fabrication d'objets tressés.

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Rédigé par Estelle

Publié dans #Jardins de cinéma

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Publié le 5 Mars 2017

Avalon, l’île légendaire coupée du monde et du temps

Avalon, île mystérieuse évoquée dans la légende arthurienne, est la demeure de la fée Morgane mais aussi le lieu où sera emmené le roi Arthur suite à sa dernière bataille menée à Camlann. Certains la considèrent aussi comme l'endroit où Excalibur, la légendaire épée d’Arthur, fut forgée.

Aux origines d’Avalon

Le nom d’Avalon apparaît pour la première fois dans les écrits de Geoffroy de Monmouth sous la forme latine insula Avallonis, aux alentours de 1135. Il y est dit qu’Arthur, mortellement blessé par Mordred, fut conduit sur cette île. Morgane la fée, qui règne sur l’île avec ses huit sœurs, le recueille alors et prend soin de lui.

Avalon est "l’île des pommes", la racine celte « aval » désignant ce fruit, et l’historien anglo-normand la nommant Insula Pomorum. Elle est décrite comme étant un pays d’éternelle jeunesse, où l’on ignore la mort et où les fruits sont toujours mûrs et les campagnes fertiles.

On ne peut y accéder qu’après avoir reçu une initiation : il faut savoir comment appeler la barque qui mène à Avalon, mais aussi connaître le chemin pour y aller à pied, à travers un labyrinthe marécageux. En ceci cette île se rapproche de la mythologie grecque, de la barque de Charon et même des pommes d’or du jardin des Hespérides, lui aussi coupé du monde.

Avalon symbolise le dernier refuge de la tradition celtique. Plus cette dernière disparaît et plus l’île s’éloigne de la terre. C’est lorsque Galahad retrouve le Graal que l’île s’efface aux yeux du monde, la religion chrétienne supplantant les croyances celtiques.

Avalon, terre d'abondance

L’île d’Avalon est entourée de brumes qui la cachent aux yeux du monde et la protègent ainsi des intrusions impromptues. Se dresse en son centre un mont couronné d’un cercle de pierres de type menhirs, auquel on accède par un unique sentier serpentant jusqu’au sommet. Il fait toujours beau sur l'île : la chaleur est adoucie par la brise marine, les pluies sont agréables et salvatrices, et les tempêtes spectaculaires et magnifiques.

Les terres n’y sont pas cultivées et produisent pourtant à foison, notamment des raisins et des pommes sur des arbres non taillés. Les zones centrales de l’île sont constituées de belles étendues herbeuses à la végétation luxuriante, parcourues de deux ruisseaux, le premier venant des forêts de l’ouest, tandis que l’autre descend de la montagne située au nord est. La forêt la plus dense de l’île abrite en son sein une grande variété de feuillus, dont quelques chênes millénaires et toutes sortes d’animaux présents dans les forêts européennes. Cette forêt abrite également la clairière de Merlin où trône en son centre un énorme pommier, le pommier de Merlin, sur lequel le magicien aime à s’asseoir, perdu dans ses réflexions, ou accueillir ceux qui viennent le visiter. A ce qu’on dit, ce pommier produit des fruits aux multiples vertus apportant longévité, connaissance ou beauté, légendes que Merlin aime entretenir, même si les pommes en question sont certes succulentes et légèrement alcoolisées, mais sans réel pouvoir avéré… 

Voici une brève description de l’île d’Avalon, qui renferme bien d’autres curiosités et secrets. Prenez garde, si d’aventure il vous arrivait de voir un monastère au sommet de la montagne qui domine l’île, c’est sûrement que votre cœur quitte la belle Avalon…

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Rédigé par Estelle

Publié dans #Jardins mythiques

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