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Publié le 11 Juillet 2017

Yggdrasil, l'Arbre-Monde de la mythologie nordique

Je sais que se dresse un frêne,

S'appelant Yggdrasil, 

L'arbre élevé, aspergé

De blancs remous ;

De là vient la rosée

Qui dans le vallon tombe,

Éternellement vert il se dresse

Au-dessus du puits d'Urdr.

Arbre cosmique issu de l'imaginaire nordique, Yggdrasil est un axis mundi reliant neuf royaumes par ses racines et ses branches.

Les différents royaumes

Yggdrasil possède trois immenses racines, chacune menant à un royaume : Niflheimterritoire des glaces éternellesMuspellheim, le royaume du feu, dirigé par le géant Surt, destiné à détruire les neuf mondes lors du Ragnarök et Helheim, le royaume des morts.

 

Les royaumes du tronc sont Midgard, monde des hommes, Svartalfheim, royaume des elfes sombres et Jötunheim, terre des géants.

 

Le royaume des dieux, Asgard, est situé au sommet d'Yggdrasil. Il est relié à Midgard par le Bifrôst, arc en ciel faisant office de pont entre les deux mondes. Les deux autres royaumes des branches sont Alfheim, royaume des elfes de lumière et  Vanaheim, royaume des Vanes.

 

Les différents royaumes peuvent être regroupés par paires de principes opposés tel que le feu et la glace ou la lumière et l’obscurité. Seul Midgard, le monde des hommes, représente l’équilibre.

 

Les dangers menaçant Yggdrasil

Littéralement, Yggdrasil signifie « destrier du redoutable, le redoutable étant ici le dieu de la guerre, Odin, père de tous les dieux. Le frêne est si haut que sa cime, qui perce les cieux, surplombe par la même les neuf royaumes. Sous ses racines se trouve la source du destin, Urdr, ainsi que les Normes, déesses de la destinée, régissant le cours du temps, qui arrosent régulièrement Yggdrasil avec l'eau de la source pour éviter qu'il ne dépérisse et pour soigner ses blessures.

Bien qu'Yggdrasil soit un arbre puissant, il se trouve toujours menacé par divers périls, tels que le serpent géant Nidhogg, qui ronge une de ses racines. Ce dernier est régulièrement en conflit avec un aigle résidant dans les plus hautes branches du frêne cosmique, tandis que l'écureuil Ratatöskr ne cesse d'aller et venir sur le tronc du frêne, rapportant les propos de chacun à l'autre pour entretenir leurs désaccords. La chèvre Heidrun, vivant près de la cime de l’arbre, se nourrit de ses feuilles, tandis que quatre cerfs grignotent ses bourgeons. Malgré cela Yggdrasil reste constamment vert, protégé par les Normes.

Ainsi donc, Yggdrasil, l’arbre-monde grandiose, symbolise la lutte perpétuelle entre les forces de la vie et les puissances destructrices, entre la quintessence de la vie et la mort inhérente à la condition humaine.

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Rédigé par Estelle

Publié dans #Jardins mythiques

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Publié le 5 Mars 2017

Avalon, l’île légendaire coupée du monde et du temps

Avalon, île mystérieuse évoquée dans la légende arthurienne, est la demeure de la fée Morgane mais aussi le lieu où sera emmené le roi Arthur suite à sa dernière bataille menée à Camlann. Certains la considèrent aussi comme l'endroit où Excalibur, la légendaire épée d’Arthur, fut forgée.

Aux origines d’Avalon

Le nom d’Avalon apparaît pour la première fois dans les écrits de Geoffroy de Monmouth sous la forme latine insula Avallonis, aux alentours de 1135. Il y est dit qu’Arthur, mortellement blessé par Mordred, fut conduit sur cette île. Morgane la fée, qui règne sur l’île avec ses huit sœurs, le recueille alors et prend soin de lui.

Avalon est "l’île des pommes", la racine celte « aval » désignant ce fruit, et l’historien anglo-normand la nommant Insula Pomorum. Elle est décrite comme étant un pays d’éternelle jeunesse, où l’on ignore la mort et où les fruits sont toujours mûrs et les campagnes fertiles.

On ne peut y accéder qu’après avoir reçu une initiation : il faut savoir comment appeler la barque qui mène à Avalon, mais aussi connaître le chemin pour y aller à pied, à travers un labyrinthe marécageux. En ceci cette île se rapproche de la mythologie grecque, de la barque de Charon et même des pommes d’or du jardin des Hespérides, lui aussi coupé du monde.

Avalon symbolise le dernier refuge de la tradition celtique. Plus cette dernière disparaît et plus l’île s’éloigne de la terre. C’est lorsque Galahad retrouve le Graal que l’île s’efface aux yeux du monde, la religion chrétienne supplantant les croyances celtiques.

Avalon, terre d'abondance

L’île d’Avalon est entourée de brumes qui la cachent aux yeux du monde et la protègent ainsi des intrusions impromptues. Se dresse en son centre un mont couronné d’un cercle de pierres de type menhirs, auquel on accède par un unique sentier serpentant jusqu’au sommet. Il fait toujours beau sur l'île : la chaleur est adoucie par la brise marine, les pluies sont agréables et salvatrices, et les tempêtes spectaculaires et magnifiques.

Les terres n’y sont pas cultivées et produisent pourtant à foison, notamment des raisins et des pommes sur des arbres non taillés. Les zones centrales de l’île sont constituées de belles étendues herbeuses à la végétation luxuriante, parcourues de deux ruisseaux, le premier venant des forêts de l’ouest, tandis que l’autre descend de la montagne située au nord est. La forêt la plus dense de l’île abrite en son sein une grande variété de feuillus, dont quelques chênes millénaires et toutes sortes d’animaux présents dans les forêts européennes. Cette forêt abrite également la clairière de Merlin où trône en son centre un énorme pommier, le pommier de Merlin, sur lequel le magicien aime à s’asseoir, perdu dans ses réflexions, ou accueillir ceux qui viennent le visiter. A ce qu’on dit, ce pommier produit des fruits aux multiples vertus apportant longévité, connaissance ou beauté, légendes que Merlin aime entretenir, même si les pommes en question sont certes succulentes et légèrement alcoolisées, mais sans réel pouvoir avéré… 

Voici une brève description de l’île d’Avalon, qui renferme bien d’autres curiosités et secrets. Prenez garde, si d’aventure il vous arrivait de voir un monastère au sommet de la montagne qui domine l’île, c’est sûrement que votre cœur quitte la belle Avalon…

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Rédigé par Estelle

Publié dans #Jardins mythiques

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Publié le 17 Septembre 2016

Le jardin d'Éden, ou jardin des délices

Parmi les jardins mythiques les plus connus et représentés se trouve le jardin d’Éden, nommé aussi « jardin des délices ou « Paradis terrestre », où auraient vécus Adam et Eve, premier couple de l’humanité.

Le jardin d’Éden, simple représentation symbolique ou véritable jardin perdu ?

Le jardin d’Éden est tellement ancré dans notre culture et semble si abstrait et mystérieux, qu’il paraît vain, voire carrément utopique de chercher à le localiser. Certains diront qu'il s'agit là d'une image symbolique du paradis céleste sur terre, d'un temps où l'homme et la nature vivaient en parfaite harmonie. Nous nous intéresserons plus ici à l'hypothèse d'un emplacement réél, qui est somme toute plus passionnante.

La Genèse offre une piste sur la localisation géographique du jardin des délices, ce qui a mené certains chercheurs à s’y intéresser de plus près. Il est ainsi dit dans la Genèse qu’ « un fleuve sortait d’Eden pour arroser le jardin et de là il se divisait et devenait quatre sources de fleuve. Le nom du premier est Phison ; c'est lui qui entoure tout le pays de l'Havila où il y a de l'or. Et l'or de ce pays est excellent, là il y a aussi le bdellium et de la pierre d'onyx. Le nom du second fleuve est Gihon ; c'est lui qui entoure toute la terre de Cousch. Le nom du troisième fleuve est le Tigre ; c'est lui qui coule à l'Orient d'Assour ; et le quatrième fleuve, c'est l'Euphrate."

Le Tigre et l’Euphrate sont facilement identifiables et sont localisés en Mésopotamie. En 1983, l’archéologue Juris Zarins s’appuie sur les ressources naturelles évoquées dans la Genèse pour localiser les deux autres fleuves. La terre nommée « Havila », évoquée plusieurs fois dans la Bible, est depuis longtemps soupçonnée d’être localisée en plein cœur de l’Arabie Saoudite, dans les montagnes du Hedjaz, abritant d’importantes ressources en or. Ces mines d’or sont aujourd’hui connues sous le nom de « Mahd adh Dhahab », à comprendre littéralement par « Le berceau d’or ». Le bdellium, vraisemblablement résine du balsamier, et l’onyx, sont aussi présents dans cette région. En 1992, le géologue égyptien Farouk El-Baz découvre par hasard le lit d’un fleuve asséché qui devait à l’époque traverser l’Arabie, partant des monts du Hedjaz pour aller en direction du golfe Persique, près de Bassorah. Cet ancien fleuve prenait donc sa source non loin du berceau d’or pour se jeter dans la région du Tigre et de l’Euphrate. Il semblerait donc bien correspondre à Phison, le premier des quatre fleuves évoqués dans la Genèse.

Concernant Gihon, le second fleuve, la candidate favorite semble être la rivière nommée Karkheh. Celle-ci rejoint en effet la plaine au niveau du confluent du Tigre et de l’Euphrate et contourne l’ancien pays dont la capitale était Suse, pouvant être assimilé au pays biblique de Cousch. Selon ces observations géographiques, le jardin d’Éden pourrait donc prendre place au point de convergence de ces quatre cours d’eau, dans une plaine située à l’extrémité du golfe Persique.

Un jardin verdoyant bénéficiant d'un éternel printemps 

Le jardin d’Éden est décrit comme un verger verdoyant où poussent toutes sortes d’arbres d’un bel aspect, aux fruits délicieux, multicolores et parfumés, tout comme les fleurs qui y abondent. Un grand nombre d’animaux pacifiques y séjournent, que l’on retrouve souvent sur les peintures qui l’ont pris pour objet. Le jardin des délices abrite en son centre l’Arbre de la Vie et l’Arbre de la connaissance du Bien et du Mal, dont Adam et Eve mangeront les fruits défendus. Ces fruits sont traditionnellement assimilés à des pommes mais le latin "poma" désignant les fruits en général, ils pourraient bien être d'une autre nature. Le jardin d'Éden est séparé du reste du monde par un mur d'eau ou de feu, garantissant à ce jardin caché une parfait isolement, une protection vis à vis du monde extérieur.

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Rédigé par Estelle

Publié dans #Jardins mythiques

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Publié le 2 Avril 2016

Les jardins suspendus de Babylone

Au nombre de sept, les merveilles du monde représentent les œuvres architecturales et artistiques les plus exceptionnelles du monde antique. Parmi elles se trouvent les jardins suspendus de Babylone, considérés comme la seconde merveille du monde après la pyramide de Khéops.

Mythe ou réalité ?

Les jardins suspendus de Babylone constituent la merveille la plus mystérieuse des sept. C’est en effet la seule dont l’existence n’est pas officielle. Aucune trouvaille archéologique n’a pu confirmer qu’elle ait un jour existé, malgré le grand nombre de textes grecs qui en font état et en donnent des descriptions précises. Chose étrange, aucun texte babylonien ayant été retrouvé ne traite de cet édifice. D’autant plus que le roi de Perse Nabuchodonosor II, à qui l’on attribue la construction des jardins au VIe siècle avant J.C, a toujours mis en avant les édifices construits sous son règne comme la porte d’Ishtar ou le palais de Babylone. Il est dit que celui-ci ordonna la construction des jardins suspendus pour son épouse Amytis, afin de lui rappeler la végétation des montagnes de son pays d’origine, la Médie, aujourd’hui situé en Iran. Lors des fouilles de Babylone (au sud de l’Irak actuel) au début du XXe siècle, l’emplacement des jardins n’a pas été retrouvé alors que les autres constructions de la ville l’ont bien été. Ainsi leur existence a été remise en cause et certains les pensent localisés dans une autre ville du nom de Ninive, capitale de l’empire assyrien.

Des jardins en terrasse abritant une végétation variée

Quoi qu’il en soit, les textes décrivent les jardins suspendus de Babylone comme composés de plusieurs étages en terrasse, reliés entre eux par un grand escalier de marbre. L’édifice, soutenu par des voûtes et des piliers de brique, ferait 120 m². Se trouvant sur la rive de l’Euphrate, c’est le fleuve qui alimentait les jardins par l’intermédiaire d’un système de vis hydrauliques pour remonter l’eau aux étages supérieurs. Les jardins étaient composés d’arbres et de plantes de Mésopotamie et des montagnes de Médie. La première terrasse abritait de grands arbres tels que des platanes, palmiers dattiers, pins et cèdres. Sur la seconde avaient été placés des genévriers, des cyprès et des arbres fruitiers. Les deux dernières terrasses, les plus hautes et les moins spacieuses, étaient recouvertes de fleurs : anémones, tulipes, lis, iris et roses. Dominant la ville d’au moins une vingtaine de mètres, les jardins suspendus donnaient l’impression de flotter dans les airs et de faire monter à eux les eaux de l’Euphrate pour les irriguer.

Dans son ouvrage De septem orbis spectaculis, Philon donne une image plus féerique des jardins que réaliste : « Le jardin qu'on appelle suspendu, parce qu'il est planté au-dessus du sol, est cultivé en l'air ; et les racines des arbres font comme un toit, tout en haut, au-dessus de la terre ».

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Rédigé par Estelle

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Publié le 16 Octobre 2015

Le jardin des Hespérides

Nous débuterons notre tour d’horizon des jardins mythiques en voyageant jusqu’au jardin des Hespérides, situé, selon la légende grecque, à la limite occidentale du monde, sur les pentes du mont Atlas.

Celui-ci était un jardin d’immortalité, dédié aux dieux, où coulaient des sources d’ambroisie. Un arbre fabuleux y produisait des pommes d’or, promesse d’immortalité et de fécondité. La déesse de la Terre, Gaïa, offrit ces fruits à Héra lors de ses noces avec Zeus, le roi des dieux. L’arbre et ses fruits furent alors confiés aux Hespérides, filles d’Atlas, et nymphes du Couchant. Leurs noms et leur nombre varient selon les versions, mais les plus connues sont Érythie, Hespérie et Églé. Héra s’aperçut un jour que les Hespérides volaient les pommes d’or et plaça donc Ladon, un dragon à cent têtes, devant le pommier, pour en interdire l’accès.

Le jardin des Hespérides est connu comme étant le théâtre du onzième des travaux d’Héraclès, à qui Eurystée avait confié la mission de ramener les pommes d’or qu’il renfermait. Une fois qu’Héraclès eut trouvé le jardin, Atlas lui proposa de cueillir 3 pommes d’or à sa place si le fils de Zeus voulait bien soulager le Titan de son fardeau, condamné qu’il était à porter la voûte céleste. Héraclès accepta et tua Ladon d’une flèche avant de recevoir le poids du monde céleste sur ses épaules. Revenant avec les 3 pommes d’or, Atlas fit part à Héraclès de son intention d’apporter lui-même les fruits à Eurystée, trop content d’être libéré de son fardeau. Conscient du risque de ne jamais voir revenir Atlas, Héraclès rusa en prétendant vouloir rendre temporairement le poids du ciel à Atlas, le temps de s’installer plus confortablement. Atlas reprit la charge de la voûte céleste et Héraclès ramassa les 3 pommes d’or puis s’éloigna.

Par la suite, les pommes d’or retournèrent au jardin, la propriété d’Héra devant lui être rendue. Celle-ci, pleurant le dragon Ladon, le plaça au milieu des étoiles où il forme la constellation du Dragon.

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Rédigé par Estelle

Publié dans #Jardins mythiques

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